Le conseil municipal d’Ezanville du 25 juin 2009 vote une motion contre le circuit de F1

Projet de circuit de Formule 1 en Val d’Oise et en Ile-de-France
vendredi 26 juin 2009
par Sylvain De Smet
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Proposition de motion contre le projet dit de « Sarcelles, pôle Val de France »

Exposé des motifs : Depuis quelques mois, il est envisagé d’implanter un circuit de Formule 1 en Région Parisienne.

Confortée par les probables échecs d’installation à Marne-la-Vallée et à Flins (suite entre autres à une forte opposition locale), la commune de Sarcelles, par l’intermédiaire de son maire François Pupponi, s’est positionnée candidate pour cette implantation.

Ce projet en réalité localisé sur les terres agricoles d’Ecouen et de Villiers-le-Bel sur plusieurs centaines d’hectares, est en totale contradiction avec les objectifs du Grenelle de l’environnement et l’orientation stratégique du Conseil Général de faire du Val d’Oise un éco-département.

L’emplacement :

Contrairement aux déclarations du député-maire de Sarcelles, les terrains d’implantation du projet, de grande qualité agricole, ne sont pas abandonnés. Leur pérennité agricole contribue à l’équilibre du territoire de l’est du département.

Ces terres ont déjà été sauvées par 2 fois :

par un recours en justice, gagné par les associations Ecouen Environnement et Val d’Oise Environnement, contre l’implantation d’une zone logistique sur les terrains dits « de la Maraîche » à Ecouen,

par l’action des associations qui a abouti à l’abandon du prolongement de l’autoroute A16 au sud de la Francilienne, ce qui permet de lever les emprises.

Enfin, les terrains envisagés se situent exactement sur la butée de l’expansion urbaine dessinée par le « front urbain d’intérêt régional » prévu au schéma directeur régional (SDRIF) voté par le Conseil régional en septembre 2008.

Un déni de démocratie locale :

Aucune concertation n’a été menée avec les collectivités locales concernées. Le maire de Sarcelles élucubre des plans sur des terrains qui ne sont pas situés sur sa commune.

A ce titre, la municipalité d’Ecouen a délibéré à l’unanimité contre ce projet qui amputerait gravement son territoire et apporterait de nouvelles et pénibles nuisances.

Le Conseil Régional d’Ile-de-France a aussi, par la voix de son président J.P. Huchon, émis un avis négatif le 16 octobre 2008.

Les contrevérités du projet :

Le député-maire de Sarcelles annonce des milliers d’emplois liés à la création de ce circuit. Aucun exemple récent ne vient à l’appui de cette thèse, bien au contraire.

Le circuit de Magny-Cours a généré quelques dizaines d’emplois directs et quelques centaines d’emplois indirects. Nous sommes très loin des chiffres annoncés ici. Ce d’autant que les emplois qui pourraient être créés risquent, faute de formation locale adaptée et par transfert d’emplois ‘’à recycler’’ du secteur automobile, de ne pas être offerts aux jeunes valdoisiens.

Par ailleurs, imagine-t-on, en pleine crise de l’industrie automobile, les constructeurs déménager leurs centres de recherche aujourd’hui installés en Yvelines et Hauts de Seine ?

La provocation à la désespérance sociale est pour le moins insupportable. Cette masse d’argent, au lieu d’être mise dans le culte de la vitesse, de la compétition individuelle,du machisme, et au service de la communication liée aux grandes marques d’alcool et de cigarettes entre autres, devrait servir d’autres projets permettant la création d’emplois durables dans la qualité de vie, tels la construction et la rénovation des logements, les transports alternatifs, les services publics de qualité, les économies d’énergie, la protection des ressources, une agriculture de qualité et de proximité…

Vu l’exposé des motifs et considérant :

Un territoire qui souffre déjà beaucoup des nuisances aériennes et donc aurait à subir d’avantage de pollutions atmosphériques, sonores, olfactifs, visuels…

le tracé du circuit qui se situe dans l’axe du doublet Nord des pistes de Roissy, espace de survol à très basse altitude en phase d’atterrissage et de décollage (300 à 400 mètres)

le grand pylône prévu dans le projet qui constituerait un obstacle dans l’axe des pistes et serait érigé dans l’entrelacs des lignes à haute tension

qu’un tel circuit, pour essayer d’être rentable, se doit d’être utilisé les 2/3 de l’année, d’où de très fréquents rassemblements entraînant une grosse circulation avec saturation des voies d’accès, augmentation de la pollution et réduction de la facilité d’accès à la zone aéroportuaire

par voie de conséquence à ce dernier point, une contradiction aberrante entre d’un côté le projet de la déviation de la RD370 actuelle afin de soulager le trafic, de l’autre un circuit de F1 qui va en amener de façon plus que certaine (20 000 emplacements de parkings prévus)

que ce circuit modifierait considérablement le paysage de la Plaine de France, directement dans le champ de vision de la terrasse du château d’Ecouen, Musée National de la Renaissance

l’absence du moindre élément concernant le financement du projet, si ce n’est la certitude que ce sont les collectivités publiques, donc les contribuables qui devront payer la note des aménagements publics collatéraux.

Ainsi, au lieu de relever les défis importants que nous propose le 21ème siècle (révolution écologique, crise des matières premières, cohésion et solidarité sociale, démocratie participative, …), nous avons à faire face ici à un projet d’un autre temps, cumulant irréalisme et aberrations des hypothèses, mépris des populations et non prise en compte des enjeux de l’avenir.

Motion soumise au vote :

Au vu des nuisances graves inévitablement induites par l’installation d’un circuit de formule 1 à proximité de la commune d’Ezanville, et considérant qu’un tel projet n’a rien d’utile à apporter aux populations locales bien au contraire, le Conseil municipal, réuni le 25 juin 2009, manifeste son profond désaccord à un tel projet.